Ce que montre la lame
Un personnage assis entre deux colonnes, tiare à trois couronnes, une croix à triple traverse dans une main ; l’autre, gantée et marquée d’une croix, bénit. Deux petits personnages tonsurés, de dos, au premier plan.
À Marseille, la scène est frontale et presque symétrique : le personnage siège entre deux colonnes, et le chiffre trois revient deux fois, dans la tiare et dans la croix. La main gantée, marquée d’une croix, est celle qui bénit ; elle s’adresse aux deux petits tonsurés, tournés vers cette parole comme vers un enseignement. Chez Waite, le Hiérophante garde les deux colonnes et le geste de bénédiction, mais deux clés croisées apparaissent à ses pieds, et les deux personnages sont agenouillés devant lui. Dans les deux versions, l’image montre une parole qui descend vers ceux qui écoutent : une transmission, plus qu’une conversation.
À l’endroit
Le Pape se lit souvent comme la lame du cadre reçu : une règle, une école, une famille, une habitude partagée qui donne des repères. Beaucoup de lecteurs y voient la figure de la transmission, celle qui explique pourquoi l’on fait les choses d’une certaine manière avant de proposer de les faire autrement. Elle peut suggérer de chercher un conseil auprès de quelqu’un qui connaît le sujet, ou de devenir soi-même, pour un temps, la personne qui explique. La Golden Dawn, de son côté, lui associe le Taureau et la lettre Vav, ce qui lui donne une allure stable, ancrée dans la durée. Elle se lit pourtant avec nuance : un cadre rassure quand il convient, et pèse quand il ne convient plus. La question qu’elle pose est simple : de qui vient ce conseil, et qu’est-ce qui, dans ce qu’il dit, vous parle vraiment ?
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