Ce que montre la lame
Derrière une table chargée d’objets disparates, un jeune personnage au grand chapeau lève une baguette d’une main et montre une pièce de l’autre, comme au premier instant d’un tour.
Sur la table à trois pieds visibles se mêlent un gobelet, des dés, des pièces, des couteaux et un sac : rien n’est rangé, tout est à portée de main. Le bord du grand chapeau dessine un huit couché. Une petite pousse sort du sol entre les pieds du personnage, comme un début de chose vivante. Dans la version Rider-Waite, le Magicien lève une baguette vers le ciel et pointe le sol de l’autre main, un geste qui semble relier le haut et le bas. Un huit couché flotte au-dessus de sa tête, un serpent qui se mord la queue lui sert de ceinture, et la table porte les quatre enseignes : coupe, denier, épée, bâton. Roses et lys fleurissent au premier plan et en tonnelle.
À l’endroit
Le Bateleur est la lame du commencement. Rien n’y est encore ordonné : les objets sont étalés, le personnage est debout, et l’attention se porte sur le geste qui va suivre. Beaucoup de lecteurs y voient l’élan de qui se met en mouvement avec ses moyens du moment, sans attendre que toutes les conditions soient réunies.
À l’endroit, la lame invite à l’initiative, à l’adresse et à la parole qui met les choses en marche. Elle suggère que la compétence se découvre en agissant : on essaie, on montre, on corrige. Elle peut aussi se lire comme le rappel que plusieurs outils sont déjà là, à condition de les regarder. Son numéro, un, parle d’un départ unique, d’un premier pas plutôt que de dix. Selon la tradition de la Golden Dawn, la lame est rattachée à Mercure et à la lettre Beth, ce qui rejoint les thèmes de la communication et de l’ingéniosité.
- initiative
- habileté
- commencement